Boys on the Wheels – un boy’s band pas comme les autres

Publié le par Selda Prey

Un autre sujet sur lequel différents avis contradictoires peuvent voir le jour et s’affronter. Comme pour l’image de Tremechan, où l’on a vu qu’il était parfois difficile de rire des dictateurs, peut-on rire avec Jesper Odelberg des personnes handicapées ?


jesper.jpgJesper Odelberg est un comédien suédois qui a monté avec deux de ses amis un groupe de musique, un véritable boy’s band, Boys on the Wheels dont il est le chanteur et leader.

Non content de s’être imposé en Suède, le groupe va connaître un succès phénoménal en Norvège en passant dans une émission satirique et très controversé.

Nous voyons les trois compères en fauteuils roulants, chanter… ou plutôt essayer de chanter, avec des chansons au titre très évocateurs : Making Love in the Handicap Toilet, My Balls Are OK, I’m not Gay parodie de la chanson Take on me du groupe A-Ha, ou encore Living in a wheelchair taquinant la chanson Living on a prayer de Bon Jovi.

Peut-on rire avec eux lorsqu’ils chantent :

I’m rolling away,
because my legs are not okay

Bébé tu es tout ce que je veux
Mais tu habites au cinquième étage
J’ai du mal à y aller
Dans mon fauteuil roulant

Beaucoup d’hommes ont des corps superbes
Et je suis l’un d’entre eux, regarde mes jambes
Elles sont minces
Si minces


Rien de drôle n’est-ce pas ? C’est petit, mesquin et de très mauvais goût.
Oui mais voilà…

C’est que Jesper Odelberg n’est pas seulement comédien. C’est qu’il souffre, ainsi que ses deux amis, de paralysie cérébrale… Pas de faux semblant, pas de mise en scène pour les fauteuils roulants. L’humour et l’autodérision sont les armes qu’ils ont choisi pour combattre leur maladie et vivre tout simplement.

S’ils prêtent à sourire en mettant en scène leurs mésaventures et les difficultés qu’ils rencontrent au quotidien, peut-être devrait-on s’arrêter sur les messages qui sont également portés. Les aménagements pour les personnes handicapées sont encore loin d’être généralisés, le regard que l’on porte sur eux n’est pas toujours celui qu’ils attendent…


Voici un petit mix de leurs productions, les premières secondes sont en suédois puis on passe très vite à l’anglais. Les paroles sont inscrites comme pour un karaoké.



Peut-on rire avec eux ?

Publié dans Dans la vie ailleurs

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Shamael 09/12/2007 10:38

Je ne ris pas quand quelqu'un tombe ou s'assoit a cote de sa chaise. . . je manque terriblement d'humour dans certaines situations.

Selda Prey 14/11/2007 23:48

Oui... ça pousse à mettre nos complexes à la noix au placard !Parce que finalement, on trouve cela remarquable, drôle oui, mais remarquable. On rit mais on ne juge pas.

hub 14/11/2007 23:41

L'autodérision est une preuve d'intelligence. Que ces handicapés aient pu prendre suffisamment de recul sur eux mêmes pour nous offrir ce spectacle exceptionnel me touche vraiment, et pour cause, je m'apperçois que je suis moi aussi un handicapé car je ne pourrais pas faire ce qu'ils font.
Je vote "oui" bien sûr.

Selda Prey 14/11/2007 22:15

Il n'y a pas de raison en effet Milla ;o)L'humour a quand même pouvoir extraordinaire, quel que soit le type d'humour et  de pouvoir. On ne fait pas toujours attention, mais inconsciemment au minimum, on reçoit une quantité d'information et il donne toujours à réfléchir à qui veut bien prendre le temps de s'y attarder.Pourquoi ne pas rire d'eux ? N'est-ce pas le propre de l'auto-dérision ? N'est-ce pas aussi l'un des buts de leur mise en scène ? Rire d'eux n'a pas forcément un fond méchant qui se moque de leur condition.

Noah Norman 14/11/2007 21:16

Ces 3 boys, avec leur paralysie cérébrale et leur handicap évident ont beaucoup de courage de se mettre en scène et d’essayer de « vivre tout simplement », je trouve même qu’ils y réussissent fort bien. Leur action, quoique surprenante de prime abord, milite certainement plus pour leur cause et celle de tous les handicapés que peuvent le faire certaines associations bidon. Chapeau ! Rire d’eux, non ! Mais rire avec eux, dans une démarche d’autodérision et d’humour ou pour pointer la discrimination, oui, sans aucune hésitation ! J’ai donc voté « oui »