En voilà des salauds d'improductifs !

Publié le par Selda Prey

Toulouse la roseDu singe au songe
Une histoire de l’humanité, de la préhistoire à nos jours, en moins de cent pages. Le récit, drôle et décapant, décliné en aphorismes, de notre aliénation progressive, ou plutôt de nos aliénations.
 
A déguster à petites doses ou à avaler cul sec. De toute façon, à méditer… peut-être pour avoir le sentiment fugitif d’être moins (pris pour un) imbécile.
 
 
Un essai de Toulouse-la-rose, Du singe au songe, édité par Sens & Tonka  2007 - 10 euros


 
Avant d’être salarié, le travailleur était un esclave. Son maître se devait alors de le nourrir et de le loger, voire de le vêtir. Depuis qu'il n'est plus cet esclave, le travailleur se doit à son tour de se vêtir, de se nourrir et de se loger lui-même, ainsi que de faire le plein de sa bagnole écrasante ou de recharger son portable communicatif. Pour cela, à la place du fouet, le maître lui donne de l'argent. Si le maître ne lui donnait pas de l'argent, le travailleur ne travaillerait pas. On peut donc en conclure que le travailleur n'a pas besoin de travail, mais d'argent.
 
(...)
 
Quand on ne sait pas quoi faire de son "temps libre", il y a les loisirs, dont l'organisation est calquée sur celle du travail. À ce point que pour mettre en place ces loisirs, de plus en plus de chômeurs, licenciés pour cause de délocalisation inflexible, sont employés à cette tâche, Vous pensez d'une aubaine.

Le jour où tous les travailleurs s'amuseront en travaillant, c'est-à-dire quand tout le monde du travail sera embauché pour travailler aux loisirs, la boucle n'en sera pas bouclée pour autant, vous pouvez pour cela faire confiance à l'inépuisable imagination de l'homme. Peut-être même est-il déjà né le petit malin qui se demande ce que l'on pourrait bien faire pendant les temps morts.

Les morts : en voilà des salauds d'improductifs !
 

Trouvé chez Lignes de fuite

Un livre qui va certainement atterrir sur ma table de nuit...

Publié dans A méditer

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J
À rapprocher de l'essai la sociologue Mari Otxandi, _Les Nouveaux hérétiques_ (paru en juil. 2007 chez Gatuzain) qui traite des réfractaires au travail.Toulouse-la-Rose, réfractaire et insoumis aux occupations salariées et toujours en mouvement, traite avec sa verve placide (entendez, avec un détachement amusé), de la bêtise que nous avons en partage et des moyens de tenter de s'en défaire.On consultera aussi, chez Talus d'approche (http://www.talus.be), quelques bonnes feuilles de ses précédents ouvrages et sa savoureuse fiche d'identité d'auteur.
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S
Je me doutais bien qu'ils étaient d'office hors compétition dans tes propos ;o)D'où le côté pinailleur...
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H
J'aime bien ton côté pinailleur, d'autant plus qu'il est tout à fait justifié, cependant je pensait surtout à ceux qui avaient le choix entre choisir un métier ou un travail. La catérie de gens dont tu parles est évidemment hors compétition car ils n'ont pas ce choix et sont donc les esclaves des temps modernes (dans le sens large).
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S
Je suis entièrement d'accord avec toi, à un détail près...C'est juste mon côté pinailleur... ;o)Parfois, si l'on n'exerce pas un "métier", le travail n'est pas forcément un moyen de s'offrir des compensations par une consommation accrue, mais simplement pour vivre, voire survivre pour certains.
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H
Toute activité quelle qu'elle soit, fusse t-elle dans les loisirs, devient barbante lorsqu'elle est considérée comme un travail.
Ceux qui ont la chance d'avoir un métier qu'ils aiment, ne travaillent pas pour pouvoir s'offrir des compensations à leurs frustration d'épanouissement par la consommation toujours grandissante et sans fin d'objets de consommation. Ce qui est en revanche le cas du travailleur dont l'activité exercée importe peu.
Nous en avions déjà parlé, un métier évolue avec soi puisqu'il fait parti de soi, il est une valeur. A contrario, le travail n'est pas une valeur puisqu'il est une parenthèse dans l'existence, qui certes remplira le porte monnaie mais ne comblera jamais les heures mortes que l'on a daigner se laisser amputer pour tenter de se faire plaisir ailleurs.
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