Laïcité principe essentiel de la République

Publié le par Selda Prey

Consacrée par la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat, la laïcité est une valeur fondatrice et un principe essentiel de la République. La laïcité est un principe de neutralité et de liberté qu’il ne faut pas confondre avec l’athéisme.
 
Les trois piliers de la laïcité
 
La neutralité de l’Etat
La neutralité de l’Etat est la première condition de la laïcité.
Assurée par l’article 1er de la Constitution, la laïcité impose à la République d’assurer « l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances ». La République est « indivisible, laïque, démocratique et sociale ».
Afin de garantir une neutralité stricte, l’administration, soumise au pouvoir politique, doit en présenter toutes les apparences. Ainsi, le Conseil d’Etat impose à tout agent collaborant à un service public le devoir de strict neutralité. Toute manifestation de convictions religieuses dans le cadre du service est interdite ainsi que le port de signe religieux, même lorsque les agents ne sont pas en contact avec le public.
En dehors du service, l’agent public est libre de manifester ses opinions et croyances sous réserve que ces manifestations n’aient pas de répercussion sur le service.

La liberté de conscience
La liberté de conscience est le second pilier juridique de la laïcité.
Il s'agit de concilier les principes de la séparation des Eglises et de l'Etat avec la protection de la liberté d'opinion, même religieuse, de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen (art. 10).
Depuis la loi de 1905, les biens mobiliers et immobiliers ont été restitués à l'Etat. Il en assume donc la prise en charge financière. Par contre, les édifices construits depuis la loi de séparation constituent des biens privés construits et entretenus par les fidèles. Les collectivités locales ont toutefois la possibilité d'accorder des garanties d'emprunt et des baux emphytéotiques pour le financement de la construction d'édifices cultuels

Le pluralisme
La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. Si l'État ne reconnaît aucune religion, il ne doit en méconnaître aucune, et il reconnaît le fait religieux. Avec la loi de 1905, le principe est désormais celui de l'absence de distinction entre les anciens cultes reconnus et les autres.


Fruit d’une lourde bataille, la loi de 1905 prend ses sources à la Révolution française et c’est au prix d’une centaine d’années d’affrontements que la laïcité s’impose en France en tant que valeur républicaine. Si la laïcité à l’école fait couler beaucoup d’encre et devient le thème principal de toute discussion portant sur ce principe, elle concerne également le coût que l’on veut imposer à certaines collectivités des constructions des lieux de culte ainsi que le financement des écoles privées religieuses. Très peu d’encre par contre, concernant la laïcité dans nos administrations. Et pourtant…

Un représentant de l’État a-t-il le droit d’afficher et revendiquer son appartenance à un culte religieux ? Ne viole-t-il pas alors le devoir strict de neutralité ? Peut-il missionner un membre de ce culte pour un service d’Etat ou une mission publique ?

La Charte de la laïcité dans les services publics a été remise au Premier ministre par le Haut Conseil à l’Intégration en janvier 2007. Elle s’adresse en premier lieu aux agents publics, autrement dit les agents titulaires et contractuels des fonctions publiques de l’État, des collectivités territoriales et de la fonction publique hospitalière.

S’est posée la question de la place de l’élu.
Pour ma part, je considère que l’élu est un représentant, non seulement du peuple, mais aussi et surtout de la République. La question ne devrait même pas être posée.

La seconde interrogation concerne ce qu’il est convenu d’appeler des collaborateurs occasionnels du service public, autrement dit des personnes qui ne sont pas agents publics mais qui, dans certaines circonstances, en font office.
S’agissant des organismes délégataires de services publics, quelle que soit leur nature, la réponse devrait être positive : chargés de l’exécution d’un service public, ils doivent être astreints aux mêmes obligations de neutralité et de laïcité, sous réserve, naturellement, de dérogations légales (établissement scolaire sous contrat).

L’article 2 stipule :
Le fait pour un agent public de manifester ses convictions religieuses dans l’exercice de ses fonctions constitue un manquement à ses obligations ;

Aujourd’hui se pose la question de la place de la laïcité au sein de notre République. Ses manquements semblent ne pas troubler l’ordre établi, de par ses allégations, ses actes et ses choix. Je m’interroge donc sur la place de notre ministre de la Ville, fraîchement réélue, et du choix de ses collaborateurs.
 

Ressource : Dossier sur la laïcité

Publié dans A la Une

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M
L'auteur Sandrine Desse, dans son roman Charlie profané, livre une réflexion assez iintéressante à ce sujet:
" Les religions m’indifférent profondément. Il n’existe pour moi que des humains dont le droit essentiel est de vivre en pensant ce qu’ils veulent sans avoir à risquer leur vie pour ça. Et c’est ce que la laïcité avait presque réussi à accomplir. Aidé de la science, l’homme avait tué le merveilleux et la sagesse qui seule peut permettre le véritable vivre ensemble était enfin à portée de main. Et aujourd’hui, ce sursaut de délire mystique remet en cause des siècles de combat silencieux et sans violence. Tous les discours que nous pourrions faire pour inciter l’homme à la raison seraient inutiles. L’être humain a besoin de merveilleux autant que de nourriture. C’est la seule chose que la laïcité n’a pas pu lui fournir. C’est notre seule faiblesse."
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S
Dans la série les évêques nous parlent, voici leur opinion sur la loi de 1905 :
"nous ne pensons pas qu’il faille changer la loi de 1905. Certes, il n’est pas dans notre intention de l’idéaliser. Mais, alors que la loi n’utilise pas le mot « laïcité », on en est venu à la considérer comme l’expression d’un équilibre satisfaisant des relations entre l’Etat et les organisations religieuses ; elle a acquis par là une valeur symbolique certaine. En conséquence, il nous semble sage de ne pas toucher à cet équilibre par lequel a été rendu possible en notre pays l’apaisement d’aujourd’hui."

Histoire sans parole.
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S
lol ! Alors ne dit rien...
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S
Disons que pour l'Alsace-Moselle, on voulait les motiver pour l'autodétermination (n'oublions pas qu'en 1945, les peuples s'autodéterminaient, c'est comme ça que la vallée d'Aoste est restée en Italie), alors on leur a laissé leurs prérogatives. . . ça a marché (malheureusement).

L'outre-mer a un statut particulier de droit. Les départements et collectivités d'outre-mer sont rentrés dans le droit général (quand Mayotte a décidé de devenir une collectivité, ils n'avaient pas prévu ce détail). Mais les territoires d'outre-mer ne sont pas soumis au droit général et ne sont pas soumis à l'ensemble des lois de la République.

Historiquement, les mouvements les plus anticléricaux sont des mouvements de droite (lisez les commentaires de Clémenceau sur la religion, ça vaut son peusant de cacahuouètes. . . et le cher homme n'était pas connu pour ses tendances gauchistes).

Notre ami Sarko c'est un autre problème. Il se sent plus proche de la laïcité à l'américaine, que de la laïcité à la française. C'est une question de mentalité. Deux modèles universalistes qui s'affrontent. . . mais ce ne sera pas la première fois. N'oublions pas que les Américains ont des difficultés pour créer des schèmes conceptuels, contrairement à la pensée française qui souvent s'appuie sur des grands principes inapplicables. Deux modes de pensée antinomiques. Je ne dirai pas celui qui me convient le mieux, on risquerait de me taxer de chauvinisme.
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S
C'est exact !A l'époque l'Alsace Moselle était encore allemande. Mais rien n'a été fait pour rectifier le tir... Pourtant la loi a été révisée depuis.Outre mer également il y a un cadre juridique spécifique. Nous sommes d'accord. Je me demande si ce n'est pas une sorte de test pour voir la réaction... Or pour cela il faut que le public soit informé. Malheureusement, c'est bien la télévision qui reste le media d'information de masse. Si Internet prend une place de plus en plus prépondérante, cela reste tout de même très ciblé. J'attends le décret pour voir la réaction des journalistes et rédactions qui s'offusquent de tout le mal que l'on pourrait oser en penser. Restons vigilants et gardons les crocs acérés.
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